Les établissements bancaires hexagonaux ont dégagé des profits records en 2006 et comptent désormais parmi les poids lourds de la finance internationale.
Alors que le paysage bancaire mondial est en totale recomposition, avec une forte poussée des banques asiatiques et européennes, les banques françaises tirent leur épingle du jeu. Les trois principales – BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole – font partie des trente établissements les mieux valorisés en bourse.
BNP Paribas se situe désormais en quatorzième position (17e en 2005), avec une valeur boursière de 80 milliards d’euros. La Société Générale est vingtième.
Très à l’étroit dans leur marché domestique, les six grandes banques françaises ont procédé à soixante-treize rachats ou prises de participation en 2005 et 2006, pour la plupart à l’étranger.
BNP Paribas et le Crédit agricole ont notamment lorgné sur le marché italien, l’un des plus fragmentés d’Europe.
La Société générale s’est quant à elle dirigée vers l’est, en créant quatre cents agences et en multipliant les acquisitions en Roumanie, en République tchèque et en Russie.
Les banques françaises sont donc clairement passées du rang d’entreprises domestiques à celui de groupes financiers internationaux, puisqu’elles réalisent désormais une part substantielle de leur chiffre d’affaires à l’étranger : l’activité internationale de BNP Paribas représente 55% de son chiffre d’affaires, 46 % pour la Société générale. Le Crédit agricole prévoit 40% en 2007.
Les profits s’envolent
En 2006, cette expansion internationale leur a permis d’accroître leur taille (+25% pour BNP Paribas) et de dégager des profits records, supérieurs encore à ceux enregistrés l’année précédente.
Le résultat net de BNP Paribas a atteint 7,3 milliards d’euros (pour un chiffre d’affaires de 27,7 milliards), alors que la Société Générale (5,2 milliards) et le Crédit agricole (4,9 milliards) n’ont pas été en reste.
Dans un marché domestique moyennement concentré, ces niveaux de rentabilité situent les établissements français à un niveau intermédiaire entre, d’une part, l’Italie et l’Allemagne, qui privilégient le financement de l’économie, et d’autre part l’Espagne et la Grande-Bretagne, qui au contraire misent sur une forte rentabilité pour asseoir leur place financière.
La volonté d’internationalisation des banques françaises et européennes est relativement récente. Les premières fusions-acquisitions de grande envergure n’ont eu lieu qu’à partir de la fin des années 90, et se sont notablement accélérées depuis 2004. L’année dernière a battu tous les records, avec plus de 200 milliards de dollars investis dans ces opérations.
Cette consolidation paneuropéenne, couplée à la montée en puissance asiatique, met à mal l’historique hégémonie américaine : la part des banques US dans la capitalisation boursière cumulée des vingt-cinq plus grands groupes a glissé de 50% à 38% entre 2001 et 2006. Dans le même temps, la part des banques de la zone euro est passée de 13% à 23%.
Johann Harscoët









