Wall Street vers un déclin ?

8 03 2007


New York, première place financière du monde, pourrait être dépassée par Londres ou Hong-kong dans les prochaines années.

La vague de froid qui a frappé le nord-est des Etats-Unis n’a pas gelé les ordinateurs de Wall Street. Le 15 février, le Dow Jones, qui regroupe les 30 valeurs vedettes de la Bourse, a ainsi atteint un record historique en séance, à 12 779 points. Loin, très loin des 7286 points enregistrés le 9 octobre 2002, après l’éclatement de la bulle internet et le cataclysme du 11 septembre 2001.
Depuis le mois d’août, les indices n’ont cessé de progresser, grâce notamment au contrôle des tensions inflationnistes et à la baisse des cours du baril de pétrole. La chute du dollar, celle de l’immobilier, ou encore des statitisques économiques décevantes, n’y ont rien changé.
La première place financière du monde confirme donc son leadership : les banques de Wall Street ont elles-mêmes atteint des profits records en 2006, alors que l’opérateur de la Bourse de New York, le Nyse Group, a racheté pour 10 milliards de dollars la bourse européenne Euronext (Paris, Bruxelles, Amsterdam Lisbonne), et mis le cap sur l’Inde et le Japon.

L’optimisme sur les marchés est cependant régulièrement réfréné par la publication de rapports alarmistes sur l’avenir de Wall Street, qui perdra sa suprématie dans les dix ans si rien n’est fait pour restaurer sa compétitivité.
Une récente étude du cabinet McKinsey, commandée par le maire de New York Michael Bloomberg, a pointé les failles du système américain et anticipé ses conséquences prévisibles.

Londres gagne du terrain

Dès 2011, les Etats-Unis pourrait ainsi perdre entre 15 et 30 milliards de dollars par an de revenus issus des services financiers. New York verrait sa part de marché des échances d’actions diminuer de 4 à 7%, et disparaître 30 000 à 60 000 emplois dans ce secteur. Ces derniers ont déjà baissé de 0,7% entre 2002 et 2005 (à 328 000), alors que Londres enregistrait dans le même temps une progression de 4,9% de postes (318 000).

Le rattrapage naturel des places étrangères n’est pas seul en cause. Le durcissement (depuis les attentats du 11 septembre) des conditions de délivrance des visas aux cadres étrangers, y compris les plus qualifiés, prive les Etats-Unis des meilleurs cerveaux.
Mais c’est surtout le disposifif réglementaire de la loi Sarbanes-Oxley, qui suscite les critiques les plus virulentes. Votée après les scandales financiers du début de la décennie (Enron et WorldCom notamment), cette loi vieille de cinq ans a durci les conditions de contrôle et de transparence des entreprises cotées en bourse, et a encouragé de nombreuses sociétés non américaines à lever des fonds ailleurs qu’aux Etats-Unis ou à céder aux sirènes des fonds d’investissements afin de se soustraire aux contraintes de gestion de plus en plus lourdes pesant sur les entreprises cotées. Le géant industriel Ford pourrait d’ailleurs s’allier à des fonds dans les prochains mois pour retrouver une plus grande marge de manoeuvre.

Les profits des entreprises américaines viennent de plus en plus de l’étranger, et ce sont d’ailleurs les places de Londres et de Hongkong qui ont accueilli les plus importantes introductions en 2006.

Ce n’est donc pas un hasard si les records de la semaine dernière ont été accompagnés d’une grande nervosité sur les marchés. Pour l’instant, 2007 est perçue par les analystes comme l’année des incertitudes.

Johann Harscoët


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Une réponse vers “Wall Street vers un déclin ?”

29 01 2008
23 (21:42:29) :

t’es un bon tintin !!!

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