L’e-tourisme monte en puissance
Les Européens ont de plus en plus recours à internet pour organiser leurs vacances. Le marché du tourisme en ligne explose, et mise sur une personnalisation poussée de l’offre et des services.
En 2006, les touristes n’ont jamais été aussi nombreux : 842 millions de personnes ont sillonné le monde en 2006, soit 4,5% de plus qu’en 2005. 2007 devrait battre un nouveau record.
Le développement du commerce en ligne accompagne l’explosion du tourisme.
En France, plus de trois internautes sur quatre (77%) ayant voyagé au cours de l’année 2006 ont pianoté sur leur clavier pour choisir, préparer ou acheter un voyage. En matière d’information, Internet dépasse ainsi l’avis de l’entourage, les guides touristiques et les brochures fournies par les professionnels. L’Europe dispose encore d’une certaine marge puisque l’e-tourisme est deux fois moins important qu’aux Etats-Unis, malgré une progression annuelle de 25%.
Entre les principaux acteurs du e-tourisme, parmi lesquels Expedia, Opodo, Lastminute, Voyages-SNCF ou Promovacances – la concurrence bat son plein, attisée par les moteurs de recherche et les comparateurs de prix, qui permettent aux internautes de trouver les meilleurs offres pour toutes les destinations en quelques clics.
En toute logique, les agences de voyages en ligne redoublent d’imagination pour offrir à leurs visiteurs virtuels – et acheteurs potentiels – une offre toujours plus variée et personnalisée. “Le futur appartient aux voyages 100 % personnalisés par les internautes”, prédit Frédéric Van Houtte, Président de la commission internet du SNAV (Syndicat national des agences de voyage). Les Européens optent encore majoritairement pour des séjours clé-en-main, à la différence des Américains, plus aventureux, qui préfèrent les packages dynamiques. Mais une lente évolution s’opère.
“Les agences traditionnelles doivent réinventer leur métier”
Pour les indécis, certains sites proposent, dès la connexion, de sélectionner leur future destination en fonction de leur humeur du moment : “Chaud”, “très chaud”, “neige”, “exotique”, “culturel”, etc…
Les maniaques ont désormais la possibilité de commander dès la réservation un coffre-fort électronique, de souscrire à des assurances, de programmer en détail les activités du séjour, de louer du matériel, d’acquérir des forfaits de remontées mécaniques ou d’avoir le frigo rempli dès leur arrivée…
Pour les impatients, les agences proposent également de plus en plus d’informations sur l’actualité locale, la météo, la géographie, avec des textes, des webcams, des photos et des vidéos… postés par les touristes qui se sont déjà rendus sur place.
Les anxieux, enfin, disposent de toutes les informations administratives nécessaires. Suite aux nombreuses polémiques liées au manque de transparence des tarifs, les agences de voyages ont également fait un effort de lisibilité.
Enfin, last but not least, la technologie des fils RSS (newsletters améliorées) permet aux acheteurs imminents de recevoir en temps réel les fameuses “dernières minutes” et de réaliser les meilleures affaires.
Le recours croissant des touristes à internet remet en question le rôle des agences traditionnelles, qui, en Amérique du Nord, seront reléguées au second plan en 2007. Les agences en ligne devraient atteindre 54% de parts de marché.
Selon Petra Friedmann, directrice du marketing d’Opodo en Europe, “les agences traditionnelles doivent réinventer leur métier et proposer une vraie valeur ajoutée. Des consolidations sont encore à venir, surtout en France, et un changement des métiers se profile.”
Pour le plus grand bonheur des voyageurs ?
Johann Harscoët
Sources : Journal du Net, Phocus Wright, TourMag, TNS Sofres, CRT









