L’intelligence artificielle fête son cinquantième anniversaire en fanfare. Ses limites n’étant pas encore connues, elle fascine les amateurs de robotique autant qu’elle effraie les humanistes.
Elle a connu un essor important pendant les années 1960 et 70, mais à la suite de résultats décevants par rapport aux budgets investis, son succès s’estompa dès le milieu des années 1980. Depuis, le développement d’internet a relancé le mouvement, avec des perspectives à la fois grandioses et effrayantes.
Les robots comptent peu à peu parmi les meilleurs amis de l’homme, en attendant de devenir leurs principaux ennemis, si, comme dans le film d’Alex Proyas, I Robot (réalisé en 2005, avec Will Smith), les humanoïdes s’affranchissent de leur statut d’esclaves en devenant totalement autonomes et capables de se reproduire.
Une description spectaculaire d’un possible avenir de l’intelligence artificielle a été faite par le professeur I. J. Good : « Supposons qu’existe une machine surpassant en intelligence tout ce dont est capable un homme, aussi brillant soit-il. La conception de telles machines faisant partie des activités intellectuelles, cette machine pourrait à son tour créer des machines meilleures qu’elle-même; cela aurait sans nul doute pour effet une réaction en chaîne de développement de l’intelligence, pendant que l’intelligence humaine resterait presque sur place. Il en résulte que la machine ultra intelligente sera la dernière invention que l’homme aura besoin de faire, à condition que ladite machine soit assez docile pour constamment lui obéir. » Les perspectives de l’intelligence artificielle pourraient avoir des inconvénients, si par exemple les machines devenaient plus intelligentes que les humains, et finissaient par les dominer, voire les exterminer
Selon l’un de ses créateurs, Marvin Lee Minsky, l’intelligence artificielle se définit comme « la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique ».
Rien ne permet d’en conclure que l’apparition de machines intelligentes et conscientes soit impossible ou illusoire. Si cette démarche réussit, elle réfutera la spécificité de la pensée humaine. Ce serait une révolution. Pour le meilleur et pour le pire.
J.H.









