La domotique prend son envol

29 01 2007

Avec le succès du robot-chien Aibo (Sony), un véritable phénomène au Japon, le marché de la domotique a connu une brusque accélération ces dernières années, et le plus impressionnant est à venir, notamment en Europe.

Ils parlent, ils rient, ils chantent, ils marchent, et ils font tout ce que l’être humain juge utile… de ne pas effectuer lui-même, comme le ménage par exemple. Les robots commencent seulement à faire parler d’eux, pour le meilleur et pour le pire, en investissant peu à peu notre quotidien, et se déclinent en tous types de modèle : baladeur pour chien, cuisinier, vigile, hôte d’accueil dans les gares ou encore tondeuse à gazon. Les tarifs sont désormais très accessibles, puisqu’ils se situent entre 200 et 600 FS.

«L’ère du robot domestique réservé à une poignée d’enthousiastes est révolue. La question n’est plus de savoir si vous aurez un robot chez vous, mais combien vous en aurez » assure Helen Greiner, présidente et cofondatrice de l’un des leaders du marché de la robotique domestique dont le nom évocateur est iRobot. Cette dernière a de quoi être optimiste, puisque son célèbre Roomba, un aspirateur robotisé et autonome, s’est vendu à plus de trois millions d’exemplaires. A peine plus large qu’une grande assiette, il se déclenche automatiquement et n’épargne pas les recoins poussiéreux ou les dessous de meubles. Son successeur, le Scooba, sortira très prochainement en Europe et fera également office de serpillère !

Succès de même ampleur pour le modèle Robosapien, commercialisé par le leader mondial des robots ludiques Wow-Wee, qui en a vendu 3 millions à 100 dollars pièce, alors que le coût de développement n’a été que d’un million de dollars. Alerte, émotif et plein de personnalité, Robosapien attend les ordres puis les enchaîne rapidement. Avec 35 cm de haut, le Robosapien est robuste, réaliste et divertissant, facilement programmable et dirigeable grâce à sa télécommande. Robosapien est le premier robot basé sur les sciences robomorphologiques, ce qui lui permet de se déplacer et de réagir comme un humain.

Pleo, le successeur d’Aibo sortira au deuxième trimestre 2007. Ce robot dinosaure de 30 cm pourra exécuter plus de 400 mouvements différents et exprimera toute une palette d’émotion au contact de son entourage.

Autre petite perle, le Jupiter, qui comprend 1000 mots, reconnaît la voix de son maître, pousse la chansonnette pour les enfants, et exprime différentes émotions. Quant au Robot AIC, il vous aide à faire la cuisine.

Quant au dernier né de l’industrie asiatique du robot, il se prénomme Ubiko et est destiné aux entreprises. Il reçoit des clients, montre des DVD, surveille les couloirs d’une école, porte des valises, guide dans les hopitaux et travaillera prochainement dans un magasin de CD comme vendeur…

Mais le plus incroyable, le plus époustouflant de tous, est assurément le Geminoid, mise au point par Hiroshi Ishiguro, professeur à l’université de Osaka et chercheur au laboratoire de robotique d’ATR (Advanced Telecommunications Research Institute international). Ce robot humanoïde vous permet, en cas d’indisponibilité, de vous représenter à une conférence à l’autre bout du monde : il s’agit ni plus ni moins de votre double, à la ressemblance saisissante.

Un nouvel eldorado

Pour l’heure, les scientifiques s’efforcent d’inventer de nouveaux compagnons domestiques, inoffensifs et sympathiques. Le marché est immense, notamment en raison des besoins grandissants d’assistance à domicile liés au vieillissement démographique (en Europe, un quart de la population aura plus de 65 ans en 2020). Les tarifs et les modes d’utilisation tendent donc à se démocratiser. La dernière étude du cabinet Américain Parks Associates Research a ainsi indiqué que “le marché mondial des services de santé dans la maison numérique devrait atteindre 2,1 milliards de dollars en 2010.”

Les grandes entreprises d’informatique et de télécommunications ne cachent plus leur intérêt pour ces nouveaux objets communicants mobiles allant de l’accompagnement psychologique à la télésurveillance médicale. Le constructeur automobile Toyota s’est ainsi lancé dans ce secteur en espérant appliquer certaines techniques d’intelligence artificielle dans ces véhicules.

La nouvelle tendance des fabricants est de permettre aux propriétaires de robots de programmer personnellement ces assistants des temps modernes selon leurs desiderata. L’arrivée de Microsoft sur ce marché annonce la possibilité prochaine de télécharger sur internet des modules prêts à l’emploi, permettant d’adapter le comportement du robot à ses propres besoin.

Dans le même ordre d’idée, la firme Lego travaille à la fabrication de robots programmables via micro-ordinateur, et les acteurs du secteur ouvrent désormais le code source de leurs machines pour permettre aux utilisateurs expérimentés de personnaliser à souhait les faits et gestes de serviteur personnel. La boite de Pandore est-elle ouverte ?

Johann Harscoët


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