Toujours leader en Europe, l’industrie pharmaceutique française est mise en difficulté par les médicaments génériques et les biotechnologies. Son influence mondiale, historique, est en baisse. En 2004, les Français Sanofi et Aventis fusionnaient pour donner naissance au troisième groupe pharmaceutique mondial. Le Suisse Novartis avait essayé d’entrer dans la danse, mais l’intervention du gouvernement français (déjà…) l’avait renvoyé sur le banc. Au nom du patriotisme économique, il fallait préserver la toute-puissance française en matière de production pharmaceutique (41% d’exportation en 2005).
Deux ans plus tard, les chiffres tendent à démontrer que l’Etat est intervenu à bon escient : Sanofi-Aventis se porte plutôt bien, ce qui n’est pas surprenant, mais l’ensemble des laboratoires français donnent quant à eux d’inquiétants signes d’affaiblissement et de perte d’influence.
L’industrie pharmaceutique mondiale est en pleine effervescence, et se recompose au fil des ans et des fusions. Peu concentrée jusqu’à présent, elle devient l’affaire de grands groupes (Pfizer, GlaxoSmithGline, Merck, Johnson & Johnson, etc…), obligés ces dernières années de recourir aux fusions-acquisitions pour continuer d’innover et amortir le coût élevé de fabrication d’un médicament (plus de 650 millions d’euros).
La part des médicaments génériques (médicaments identiques à ceux créés par les laboratoires, et vendus à un prix moindre après expiration du brevet) croît de 14 à 17% par an, selon la société de conseil IMS Health, et représentait en 2005 55 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans un marché mondial estimé à 602 milliards.
Ralentissement des ventes en pharmacie
Quant aux médicaments issus des biotechnologies, ils devraient, selon le LEEM (Les Entreprises du Médicament) représenter 20% du marché mondial d’ici cinq ans, soit le double d’aujourd’hui.
En raison d’une diminution constante des investissements en recherche et développement, la France n’est guère présente sur ce marché porteur, et voit ses importations augmenter d’année en année (10,6 milliards d’euros en 2005, contre un peu plus de 15 milliards d’exportations).
Alors qu’elle réalisait 11% du budget mondial de R & D en 1995, elle ne représente plus que 7,6% de ce secteur en 2004, selon l’organisation européenne des laboratoires (EFPIA).
Dans Le Figaro du 7 juillet, le président du LEEM Christian Lajoux s’est inquiété de la “croissance rapide des génériques en volume, de l’augmentation des taxes en tout genre, et du recul de l’attractivité des investissements en France”. Seulement cinq cents emplois ont été créés en 2005, trois fois moins qu’en 2004, et les cinq premiers mois de cette année n’ont vu les ventes de médicaments en pharmacie ne croître que de 1,7%, à comparer à une moyenne de 6,5% en 2004 et 2005.
Longtemps considérée comme le deuxième découvreur de médicaments, la France est incontestablement en perte de vitesse.









