Malgré d’excellents résultats financiers et boursiers, le groupe Renault voit ses ventes d’automobiles chuter dangereusement en France et en Europe. Le Contrat Renault 2009, impulsé par Carlos Ghosn, est une ambitieuse réaction à cet avertissement. La prise de participation annoncée dans General Motors confirme l’ambition du constructeur d’automobiles.
Les chiffres dévoilés au mois de mai par l’association des constructeurs européens d’automobiles parlaient d’eux-mêmes : en avril 2006, les immatriculations de voiture neuves avaient chuté de 7,3% en un an. L’Espagne (-10,5%), le Royaume-Uni (-9,1%), l’Allemagne (-8,9%) devançaient la France (-6,7%) et l’Italie (-6,3%) à ce triste palmarès.
Mais c’est Renault qui affichait la plus forte baisse (-12,8%), pendant que l’Italien Fiat se distinguait (+12,1%)
Paradoxalement, le cours du constructeur français fait le bonheur du CAC 40 : il a progressé de 30% sur un an, hausse qui s’est poursuivie sur le même rythme depuis le début de l’année.
La bienveillance des investisseurs s’explique par la très bonne santé financière du groupe : les excellents résultats économiques de Nissan et Volvo (dont Renault détient respectivement 44,4% et 20%), mais aussi la croissance du chiffre d’affaires (+5,3% au premier trimestre) dûe en grande partie aux performances internationales (hors Europe), ont permis à la marque au Losange d’atteindre son plus haut niveau historique en bourse (97,15 € l’action le 10 mai). Sa capitalisation a approché la barre des 30 milliards d’euros, soit deux fois plus que son concurrent national PSA – Citroën, et même davantage que les Américains General Motors et Ford réunis !
Au début de l’été 2006, Renault et Nissan ont d’ailleurs annoncé la possibilité de prendre chacun 10% de participation dans le géant américain General Motors. Affaire à suivre…
La baisse de la part de marché de Renault en Europe, mais aussi en France (-4,5% dans les ventes de véhicules neufs en 2005) a conduit Carlos Ghosn a dévoiler un ambitieux plan de relance, qui vise, selon les propres termes du successeur de Louis Schweitzer, de faire de Renault « le constructeur d’automobiles le plus rentable d’Europe. » Il faut en effet rappeler que son bénéfice opérationnel de 2005 a chuté de 37,4%, ne représentant qu’un peu plus du tiers d’un bénéfice net record (3,367 milliards d’euros).
Pas moins de 26 nouveaux produits seront lancés d’ici 2009, soit une moyenne annuelle deux fois supérieure à celles des quinze dernières années.
Les piliers de la gamme (Twingo, Kangoo, Master, Mégane) seront renouvelés, un effort particulier sera fait sur le haut de gamme (avec la nouvelle famille Laguna en 2007), et les véhicules destinés au développement mondial (type Logan) devraient faire passer le volume de ventes réalisées hors-Europe de 27 à 37%.
Pour résumer, l’objectif est d’augmenter les ventes de 800 000 produits d’ici 2009, c’est-à-dire passer de 2,5 millions d’unités en 2005 à 3,3 millions en 2009.
Parmi les 800 000 véhicules supplémentaires à écouler, 550 000 le seront en dehors de l’Europe.
Cet audacieux projet s’accompagnera d’un programme de réduction des coûts, dans tous les secteurs de la chaîne. Les effectifs ne seront vraisemblablement pas restructurés.









