Le ferroutage toujours à la remorque

28 06 2006

Récemment rendu public par la Commission européenne, le Livre blanc sur les transports nuance le précédent rapport de 2001, qui insistait sur la nécessité de transporter davantage de marchandises par le rail.

Bouchons, pollution, accidents, flambée du cours du pétrole : le transport des marchandises par la route suscite de nombreuses critiques. Sa proportion a encore augmenté entre 1995 et 2004, ce qui en fait désormais le principal mode de transport (44%), devant la mer (42%), le ciel (8%)… et le rail (7%).

Alors que le transport de fret à l’intérieur de l’Union européenne continue de croître à un rythme de 2,8% par an, et que de nouvelles difficultés s’annoncent dans les entonnoirs des Pyrénées, notamment côté Atlantique (où le trafic de poids lourds a doublé au cours des dix dernières années), le train reste une solution de repli, voire de dernier recours.

Le Livre blanc sur la “politique européenne des transports à l’horizon 2010″, qui vient d’être présenté par le commissaire français Jacques Barrot, ne fait d’ailleurs plus du rail une priorité absolue, contrairement au précédent rapport défendu par Loyola de Palacio en 2001.

Selon Andrea Canino, président du Conseil de coopération économique, ce dernier “était le fruit d’une vision qui ne tient pas suffisamment compte des réalités économiques. Il ne pouvait donc que se solder par un échec.”

Les réalités économiques parlent d’elles-mêmes : en générant 10% du PIB et 10 millions d’emplois dans l’Union européenne, le secteur du transport est stratégique, et puise tout son dynamisme sur le goudron. Rapidité, mobilité, flexibilité, précision : les poids lourds demeurent les chevaux-légers du transport. Le trafic de marchandises par la route devrait d’ailleurs augmenter de 55% d’ici 2020.
La priorité, désormais, n’est plus de monter camions sur wagons, mais de limiter l’impact de leurs émissions sur l’environnement. Biocarburants, hydrogène, électricité, normes de pollution plus contraignantes, mais aussi recours aux nouvelles technologies, comme le navigateur par satellite Galileo pour limiter les bouchons inutiles et polluants : “Il faut que la route, dont on ne peut pas se passer, soit aussi plus verte”, espère Jacques Barrot.

L’amélioration des passages alpins et pyrénéens devrait contribuer à désengorger les réseaux principaux. Les axes Lyon-Turin, Perpignan-Figueiras et surtout Madrid-Vitoria-Dax sont pour le moment les objectifs d’optimisation prioritaires. Avec environ 10 000 kilomètres de routes quotidiennement encombrées dans l’Union (projection 2010), cette “congestion chronique” pourrait tout simplement coûter un point de PIB par an aux Européens.Quelque huit milliards d’euros seront débloqués par l’Union européenne entre 2007 et 2013 pour améliorer les différents réseaux maritimes, fluviaux et ferroviaires. C’est plus que durant la période 2000-2006, mais aussi deux fois moins que ce que recommande la Commission (20 millions d’euros).


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